Quand Slimane sortit le lendemain sur la place d’Ighzer, il était grand matin. L’air était frais, rugueux sur la peau et comme plus pur. Une lueur pâle fondait dans un ciel blême. Les derniers coqs finissaient leur chant triste qui était comme un air d’adieu ou une plainte monotone indéfiniment répété. Sur la place il n’y avait que Ravah-Ou-Hemlat et un vieillard, assis l’un en face de l’autre à égrener leur chapelet ; ils ne parlaient pas. Slimane souhaita le bonjour, leur embrassa la tête et s’assit.

Toute la nuit il avait essayé d’voir clair. Il se tournait et se retournait sur sa couche, assommé de fatigue mais incapable de dormir. Où était Lounes à cette heure ? il devait savoir, lui, où était la voie et la vérité ? Il trouverait les mots qu’il faut pour expliquer au père, à Toudert, à Raveh que tout cela c’était des histoires du temps passé, qu’ils étaient tous des Algériens…

Mouloud Mammeri, Le sommeil du juste,
El Dar El othmania, Alger 2015, p.83.

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