Achir est une ville, à une centaine de kilomètres au sud-est d’Alger.
Elle a été construite en 324 de l’hégire (935-936), dans le massif du Titteri, par Ziri ben Menad, prince sanhadjien, fondateur au Xe siècle de l’ère chrétienne, de la dynastie ziride.

Contre les Zénata de l’Ouest algérien, vassaux des Umeyyades de Cordoue, Ziri soutenait les Fatimides d’Ifriqya.
Pour le récompenser des services rendus, notamment après la révolte d’Abou Yazid, «l’homme à l’âne», ces derniers l’ont autorisé à avoir sa propre capitale, ce qui revenait à conférer à sa dynastie naissante le statut d’un royaume autonome.


Signalons, cependant, que selon deux auteurs arabes, El Bekri et Ibn al Athir, c’est le fils de Ziri, Buluggin, qui aurait fondé Achir en 974 selon le premier, en 977 selon le second.

Le même Buluggin fondera trois autres villes, El-Djaza’ir (Alger) sur le site de l’antique Icosium, Miliana et Médéa. Achir, la première capitale ziride, aurait été construite, ainsi que le laissent supposer les ruines qui en subsistent, en trois phases. 

Il y a eu d’abord, au nord du Kef Al-Akhdar, au sommet d’un rocher, une forteresse entourée de ravins. Cette forteresse, qui portait le nom de Manzah bint al-Sult’an (Résidence de la fille du sultan) comportait, au centre, une citerne et un grand bâtiment qui devait servir, entre autres, de caserne et de magasin.
Plus tard, sur les flancs de la montagne, a été construite une autre localité, entourée de remparts ; l’existence d’une source, appelée Aïn Yachir, a fait supposer, qu’il s’agissait là de la ville de Ziri.

Des fouilles ont révélé, hors de l’enceinte, les vestiges d’un château en pierres dont le plan présente des similitudes avec le palais du calife fatimide à Mahdiya, en Tunisie.

A deux kilomètres de là se trouvent les vestiges d’une troisième ville, Bénia, construite sur un terrain en pente et dont il subsiste plusieurs ruines, notamment une mosquée comportant sept nefs et quatre travées.
Selon l’historien français William Marçais, il s’agit là de trois créations successives, qui marquent les étapes de la dynastie sanhadja des Zirides. Marçais pense que seule la deuxième localité a été construite par Ziri, non seulement à cause de la source qui porte le nom de Achir, mais surtout à cause du château, construit selon le même plan que celui d’al-Qayim.


On sait que le calife fatimide a contribué à la construction de Achir en y envoyant des architectes, des ouvriers et des matériaux.
Bénia, qui paraît postérieure à Achir, aurait été construite par Bologhine et c’est à elle que feraient référence El-Bekri et Ibn al-Athir.

Achir était entourée de grandes murailles et les précipices qui l’entouraient rendaient son accès difficile.

Au XIe siècle de l’ère chrétienne, El-Bekri écrit qu’il n’y avait pas, dans toute la région, de place aussi fortifiée qu’Achir : ses défenses naturelles étaient telles que dix hommes suffisaient à sa défense.

Pour peupler sa capitale, Ziri a fait venir des gens de Tobna, de M’sila et de Hamza (actuelle Bouira) et, plus tard, de Tlemcen.
Il l’a dotée de tous les édifices qui convenaient à une capitale : palais, habitations, mosquées, caravansérails, hammams...

La ville prend rapidement de l’importance, devenant un centre économique actif d’échanges entre les régions du Tell et la steppe, mais aussi un centre culturel où vont affluer les juristes, les savants et les artistes.

Quand, en 972, le calife fatimide Al-Mu’izz quitte le Maghreb pour l’Egypte, il confie l’administration de l’Ifriqya à Buluggin, le fils de Ziri. Celui-ci quitte Achir pour s’installer à Kairouan, mais il va garder des liens étroits avec Achir où sa famille va demeurer.

Plus tard, Achir et sa région seront confiées aux Banu Hammad et quand ceux-ci déclareront leur indépendance des Zirides, ils l’incorporeront, après l’arrangement de 1017, à leur domaine. Achir sera très convoitée et elle changera à plusieurs reprises de maître.

En 1048, Yusuf Ibn Hammad la prend et la pille ; en 1076, les Zénata l’occupent. Reprise par les Banu Hammad, elle est dévastée, en 1101, par Tachfine ben Tinamer, le maître de Tlemcen.

Elle est reconstruite avant d’être occupée de nouveau, cette fois par Ghazi al-Sanhadji (1184). A partir de cette période, on n’entend plus parler d’Achir qui, de toute façon, a perdu depuis plusieurs années déjà son rôle de capitale.

Seules quelques ruines ont subsisté de l’ancienne cité médiévale. Le nom de Achir (prononcé aujourd’hui El-Achir et plus fréquemment Yachir) provient du berbère et signifie «ongle», sans doute à cause de la forme du site. C’est le nom aussi de l’une des fontaines qui alimentaient autrefois la ville.
La cité voisine d’Achir, Bénia, un nom qui semble originaire de l’arabe et pourrait signifier «construction».
M. A. Haddadou
source: Infosoir

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