Mouloud Mammeri prend de la distance par rapport à sa société. Une attitude de critique et objective sous-tend sa démarche.

Comment faire évoluer une société et l'inscrire dans le temps historique. Comment aider à une prise de conscience et sortir de l'immobilisme ? comment la faire accéder à l'universalité?

Ecrite fin novembre 1956. Jean Sénac, poète qui a épousé la cause algérienne veut réaliser un numéro spécial de la Revue Entretiens consacré à l'Algérie, en février 1957. Il demande à Mammeri une contribution.

Très tôt, Mouloud Mammeri, a pris conscience de la richesse culturelle de son pays. Par son parcours, son vécu, sa précocité, sa curiosité, il a baigné dans une culture extrêmement riche et comme il le dira : "dans un monde accordé" où il a vécu naturellement, sans rupture et d'une manière équilibrée.

Mouloud Mammeri (1917-1989)

La traversée est le quatrième roman de Mouloud Mammeri. Paru d’abord chez Plon en 1982, puis réédité en 1991 chez Bouchène, soit deux ans après la mort accidentelle de l’écrivain, il est l’œuvre de la maturité, d’un auteur qui jouit d’une solide réputation nationale et internationale. L’œuvre est le produit d’un homme tributaire d’une solide culture, que la vie a doté d’une riche expérience avec ce que cela implique comme satisfaction et déboires. Mais elle est surtout celle d’un homme de soixante-quatre ans appartenant à une génération happée par l’Histoire."

Évoquer Mouloud Mammeri aujourd’hui est un profond ressourcement aux racines du  patrimoine amazigh qu’il  incarne lui-même pour l’avoir exhumé et ressuscité d’un oubli périlleux d’un long naufrage sur les rives de l’amnésie dévastatrice.

Un premier colloque international, placé sous la responsabilité scientifique de deux universitaires, Youssef Nacib et Malha Benbrahim, anciens collaborateurs de Mouloud Mammeri, aura lieu à l’occasion de la 22e édition du Salon international du livre d’Alger (Sila). Dans le cadre des activités du centenaire, tracées par le Comité scientifique de coordination institué par le Haut Commissariat à l’Amazighité (HCA), ce dernier a annoncé qu’à l’occasion de la 22e édition du Sila, qui se tiendra les 3, 4 et 5 novembre 2017, se tiendra ce colloque, présenté en tant que manifestation scientifique qui va se pencher sur l’homme, son parcours intellectuel et toute son œuvre.

Le Palais de la culture Moufdi-Zakaria a connu samedi dernier une soirée particulièrement commémorative et empreinte d'émotion qui a réuni la communauté culturelle de la pensée et du patrimoine dans sa composante d'authentique algérianité. Organisée par le Haut Commissariat à l'Amazighité sous le thème «Les magies du Ramadhan» à l'initiative du perspicace et persévérant Si El Hachemi Assad son secrétaire général, cette rencontre s'est révélée une véritable communion de pensée collective, de reconnaissance et de gratitude à l'endroit de Mouloud Mammeri une immensité de savoir universel, un écrivain fécond de grande notoriété, un linguiste et anthropologue de référence.

Mouloud Mammeri : son engagement - Lorsqu’on évoque M. Mammeri, on s’attarde sur l’écrivain, sur l’amusnaw, le chercheur, le défricheur et on ne met pas suffisamment en lumière son engagement à travers ses écrits et pendant la révolution.

Le profil pluridisciplinaire de l’écrivain Algérien  Mouloud MAMMERI devrait être approfondi, largement étudié, notamment au niveau de l’espace universitaire (algérien et aussi étranger).

Mouloud Mammeri a été pour moi un aîné très fraternel. Je l’ai connu lors de la toute première rencontre des écrivains algériens en automne 1962. Il y eut d’autres rencontres dans divers endroits appropriés et notamment à la librairie En-Nahdha (2, rue Larbi Ben M’Hidi, Alger) des regrettés frères Mimouni Abdelkader puis Hadroug. Mais ces rencontres avaient déjà pris sens en automne 1963 lorsque la Salle Pierre-Bordes d’Alger a été rebaptisée Salle Ibn Khaldoun.

1980. Une conférence de Mouloud Mammeri est interdite à l’université de Tizi Ouzou. Les étudiants commencent à manifester. Kamel Belkacem, rédacteur en chef d’El Moudjahid, à l’époque, écrit un article (Les donneurs de leçons) s’attaquant à l’écrivain qui s’était toujours illustré par une exemplaire correction et une grande prestance. J’avais rencontré pour la première fois cet homme, ce grand écrivain au CRAPE (centre de recherches anthropologiques, préhistoriques et ethnographiques), au Bardo, puis avec Mahfoud Kaddache, un extraordinaire historien. Un de mes enseignants de cinéma, Daniel Pelligra travaillait comme ethnologue au CRAPE. Quand l’article de Kamel Belkacem sortit, j’étais journaliste à Révolution africaine. Comme je ne pouvais pas accepter cette tragique et insultante atteinte à la liberté d’un écrivain de s’exprimer, j’avais fait insidieusement passer une enquête sur la lecture où on concluait que Mouloud Mammeri était l’écrivain le plus lui. Comme la « culturelle » était moins contrôlée, je réussis à faire passer l’article. L’AFP, Le Monde et Libération réagirent vite disant que quelque chose de paradoxal s’était passé en Algérie : au moment où le pouvoir algérien s’attaquait à Mammeri, un journal algérien sortait une enquête le considérant comme l’écrivain le plus populaire en Algérie.

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