Des prix et des institutions porteront le nom de Mouloud Mammeri

Le regretté Mouloud Mammeri.

 À l’occasion de la célébration du centenaire de la naissance de Mouloud Mammeri, un colloque international sur son œuvre s’est tenu à la Safex, du 3 au 5 novembre, dans le cadre du 22e Salon international du livre d'Alger.

Cette manifestation scientifique s’est penchée sur l’homme, son parcours intellectuel et son œuvre.

C’est à la croisée des lettres, de la recherche anthropologique et linguistique que s’achève le colloque international sur Mouloud Mammeri. Placé sous le thème de “l’Amusnaw, le sourcier des convergences civilisationnelles universelles”, l’événement a été organisé du 3 au 5 novembre, dans le cadre du Salon international du livre d’Alger (Sila). Le colloque a été ainsi l’occasion de rendre hommage à l’intellectuel, et surtout de revenir sur son choix de servir la culture ancestrale au détriment de sa propre carrière.

La journée de clôture (hier), a été axée sur les approches complémentaires sur la riche personnalité de Mammeri. Présentée sous forme de table ronde, elle a été présidée par Emile Moselly Batamack, philosophe et épistémologue, chercheur à l’université populaire Meroë-Africa. Ainsi, l’écrivain Arezki Metref a répondu à l’interrogation : “Le village d’Ath Yenni était-il un acteur principal dans la réalité et dans les fictions de Mouloud Mammeri ?” Cette intervention a été suivie par celle d’Aomar Oulamara, docteur ès sciences, en tamazight, “Mouloud Mammeri, deg ubrid iddren”. Cette dernière journée du colloque a également été marquée par l’intervention de Léon Tsambu, professeur à l’université de Kinshasa au Congo. Il est revenu sur l’usage du “Lingala” dans l’expression du rire et de la beauté féminine.

Par ailleurs, à noter que le colloque a ainsi été écourté en raison de l’absence de quelques conférenciers, à l’instar de Ramdane Ouahes, professeur des universités et directeur de recherches, et Ali Guenoun, historien à l’université Paris VIII, qui est intervenu la veille (samedi). À ce sujet, Si El-Hachemi Assad, secrétaire général du Haut-Commissariat à l'amazighité (HCA), a assuré que le programme du colloque a été respecté. Tout en ajoutant : “Nous avons emmené nos invités à la Casbah, nous avons serré le programme et écourté le débat pour terminer en apothéose avec les invités à la Casbah.”

Quant au déroulement de cette manifestation, le responsable du HCA a indiqué que le colloque s’est déroulé dans “une ambiance conviviale, et le plus important c’est que nous avons accompagné notre projet de film”. À l’issue de ces rencontres, les participants ont formulé une série de recommandations, dont l’accompagnement du film documentaire créatif sur Mouloud Mammeri et qui sera réalisé sous la houlette d’une équipe cinématographique professionnelle dans le but de mettre en valeur les différentes facettes qui caractérisaient la personnalité de Mammeri.

Il a été préconisé également d’instaurer un prix honorifique national, sous le nom d’“Amusnaw”, et qui sera octroyé à une personnalité qui aura réalisé un grand sujet sur l’amazighité, et écrit dans cette langue. Quant au plan international le comité du colloque a recommandé de créer un prix qui portera le nom de “prix de Mouloud Mammeri-l’unité africaine”, et qui participera dans le développement des langues du continent noir, récompensant le meilleur projet dans la culture immatérielle africaine. Ce projet sera également présenté à l’Unesco.

Suite aux échanges pendant les trois jours, le comité chargé du rapport final du colloque a retenu également la proposition de donner le nom de Mouloud Mammeri à l’amphi A de la fac centrale (Université d’Alger), où il enseignait tamazight (entre 1965 et 1973). Il a été recommandé aussi de donner le nom du penseur au musée du Bardo. Et pour conclure, le comité a demandé l’organisation d’un programme d’impression et d’édition des textes, et créations de Mouloud Mammeri, non déclarées, mais qui figurent dans des entretiens (le cinquième roman, pièce théâtrale, mémoires de la Deuxième Guerre mondiale) avec leur traduction vers tamazight, l’arabe et l’anglais.

À noter que le 28 décembre prochain, qui coïncide avec la date de naissance de Mouloud Mammeri (28 décembre 1917), il y aura au programme une cérémonie en son honneur à l’Opéra d’Alger, en plus de l’émission d’un timbre à l’effigie de l’intellectuel.

         Imène AMOKRANE

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