La caravane culturelle en hommage à l’écrivain et anthropologue Mouloud Mammeri a fait escale à Témouchent, l’une des treize wilayas impliquées dans la célébration du centenaire de sa naissance.

 

A l’occasion, Si El Hachemi Assad, SG du HCA, a annoncé que cette wilaya abritera au printemps prochain un colloque sur l’Aguellid Syphax dont Siga, la capitale, est située à l’embouchure de la Tafna en territoire témouchentois. La caravane est venue avec dans ses bagages un symposium ayant pour thème «De l’usage de tamazight dans les médias électroniques institutionnels». Il devait faire le point sur la question de l’intégration de tamazight dans l’usage au sein des institutions de l’Etat, en particulier dans la communication à travers leurs médias électroniques, un angle d’attaque qui participera concrètement à la réhabilitation de tamazight en tant que repère fondamental de la personnalité nationale.

Malheureusement, dans la salle de la maison de la Culture, la majorité des présents étaient les membres de la caravane. Mohamed Bensalah, universitaire d’Oran, n’a pas manqué de déplorer l’absence du public. Si El Hachemi Assad n’a pu, lui aussi, taire son désappointement dans l’interview qu’il nous a accordée. La rencontre avec le mouvement associatif et avec l’élite locale n’a pas eu lieu. Mais, encore fallait que la maison de la Culture fût leur lieu de ralliement, ce qu’ignorait le HCA.

Du coup, le symposium s’est limité à une matinée. L’on s’est contenté d’un succinct état des lieux des expériences d’introduction de tamazight par les institutions dans leur communication à travers le web (ministère, Algérie Télécom, communication et APS) et d’un éclairage sur la problématique de l’incursion de tamazight sur les sites électroniques. Il a été mis en exergue la mise en place par le HCA des conditions pour réaliser cet objectif à travers la formation d’un groupe de 50 traducteurs afin de faire passer les concepts vers tamazight et «amazighiser» le lexique à l’usage des institutions.

D’un premier tour de table, il est apparu que le secteur qui possède une appréciable longueur d’avance par rapport aux autres est celui de l’information. A ce titre, l’intervention de notre confrère Mustapha Aït Mouhoub a été remarquée. Il coiffe le site web en tamazight à l’APS pour lequel cette dernière a mis en place une rédaction complète. Et pour dépasser la problématique question du choix des caractères, trois versions sont utilisées avec transcription en caractères arabes, latins et tifinaghs. Au bout de deux années, il ressort que 9300 dépêches ont été traduites en caractères latins, 6000 en arabe et autant en tifinagh. Détail qui n’est pas sans importance, une statistique donne 10 000 visites pour ce qui est de la version en caractères latins, 2500 en lettres arabes et un nombre jugé insignifiant pour ce qui est de l’alphabet tifinagh.

 

Le HCA, pour sa part, n’a pas été en reste en matière de sites électroniques puisqu’il a dédiés un depuis avril dernier au centenaire de Mouloud Mammeri. 166 articles y ont été publiés, dont 126 en langue française, 75 en arabe et 65 en tamazight. 10 000 visites ont été enregistrées et 35 000 pages en ont été téléchargées. Samir Arkam, de Novecom, une agence de communication orientée web, met un bémol sur la question des chiffres, soulignant la faiblesse de la production des contenus, la majorité des sites web en tamazight sont pour l’heure bien pauvres.

Houari Bessaî, maître de conférences à l’université de Saïda, s’est penché sur la question de la terminologie qu’il juge «essentielle car elle entrave souvent l’aboutissement de beaucoup d’initiatives et de projets d’écriture, notamment quand il s’agit d’écrits techniques.» L’inexistence de certains termes techniques, une caractéristique des langues de forte tradition orale, a induit que de «nombreux auteurs font preuve d’amateurisme avec l’utilisation de concepts d’une manière approximative et la création de néologisme d’une manière anarchique». Pour ce qui est des problèmes techniques de polices concernant les caractères spéciaux, le conférencier estime qu’ils sont désormais dépassés depuis l’apparition de la police unicode qui prend en charge tous les caractères.

Cependant, pour les sites interactifs, le problème du clavier se pose, l’utilisateur devant installer séparément un clavier sur son ordinateur. Cette difficulté ne se pose cependant plus pour les utilisateurs disposant de Windows dans sa version 8. Il reste à se rapprocher des autres leaders mondiaux que sont Linux et Mac afin que leurs systèmes d’exploitation prennent en charge la dimension amazighe. Avant-hier jeudi, la délégation devait se rendre sur le site de Siga sur le versant ouest de l’embouchure de la Tafna et sur le versant est pour visiter le mausolée de Syphax en prévision du colloque projeté sur Syphax. Demain 20 août, la caravane sera à Tlemcen où aura lieu la célébration officielle du 62e anniversaire des manifestations de 1955. A l’occasion, il sera question de la contribution de Mouloud Mammeri à la Libération nationale.          

Mohamed Kali

 

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